Tout commence par une lecture du lieu. Avant toute décision végétale, j'analyse l'environnement géographique et microclimatique — exposition, orientation, vents dominants, nature du sol en profondeur. Ce diagnostic a révélé un substrat marneux calcaire imposant une correction pédologique complète : création d'un horizon cultural de 20 à 30 cm, composé de terre de jardin enrichie à 20 % de compost et corrigée à 30 % de tourbe pour acidifier et structurer avant toute plantation.
La conception des espaces extérieurs s'est construite en dialogue constant avec l'intérieur de la maison. Les deux terrasses ont été dessinées de manière à ne jamais occulter totalement la vue depuis les pièces de vie — chaque ligne, chaque décrochement, chaque vide a été pensé pour que le jardin entre visuellement dans la maison. Ce n'est pas un décor. C'est un prolongement.
La gestion de l'eau a été intégrée dès la phase conception : récupération intégrale des eaux pluviales par cuve enterrée de 6 m³, mise en œuvre d'un système multicouche sur dalle parking — natte absorbante AP32, drain DK20, filtre STEX Écovégétal — garantissant rétention, drainage et filtration sans intervention mécanique permanente.
La palette végétale a été construite pour recréer un écosystème fonctionnel — multiplication des essences, articulation des strates arbustive, herbacée et couvre-sol, interactions favorisant la résilience climatique et la floraison continue sur douze mois.
L'armature structurelle repose sur une base méditerranéenne robuste — olivier centenaire, cyprès, Stipa tenuifolia, Helichrysum italicum — des végétaux qui savent traverser la chaleur, la sécheresse, les hivers doux. Ils donnent au jardin sa colonne vertébrale permanente, sculpturale même en hiver.
La floraison continue s'organise comme une partition : Erica darleyensis et Camellia sasanqua prennent le relais en automne et en hiver, Camellia japonica poursuit jusqu'au printemps, les rosiers odorants, les Salvia en camaïeu de bleus, violets et rouges, le Géranium Rozanne, le Gaura et l'Erigeron karvinskianus couvrent la belle saison, les Hydrangea quercifolia et Annabelle ferment l'été. Pas un mois sans couleur.
Le jardin se sent avant de se voir. La lavande, l'Helichrysum aux notes de curry chaud, les rosiers sélectionnés exclusivement sur critère olfactif, les salvia anisées — la dimension sensorielle a guidé chaque choix autant que l'esthétique. Deux figuiers productifs ancrent la dimension méditerranéenne et nourricière. Un kiwi jaune. Un tapis de Soleirolia soleirolii sous les zones ombragées. Ce jardin travaille. Il donne.
Un an. C'est le temps qu'il a fallu pour que cet écosystème trouve son équilibre seul.
Ce que démontre ce projet, c'est qu'aucune contrainte — pas même une dalle béton — n'interrompt la continuité écologique. Entre pleine terre et toiture, la connexion n'est pas visuelle. Elle est invisible : flux d'eau, pollinisateurs, microbiote, champignons mycorhiziens — le vivant ne connaît pas les frontières de la construction.
Il suffit que chaque décision en amont soit juste : lecture du sol, correction pédologique, articulation des strates, diversité des essences. Ce n'est pas un hasard si les nouvelles réglementations — CEE, AEAP, RE2020 — exigent désormais un minimum de 11 espèces végétales différentes sur les toitures végétalisées. La biodiversité n'est plus une option esthétique. C'est une exigence technique, mesurable, finançable. Ce jardin en est la démonstration.
Quand la fondation est juste, le vivant fait le reste.
Vous avez un espace à végétaliser — dalle, toiture, terrain dégradé ?
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Everything begins with a reading of the site. Before any planting decision, I analyse the geographical and microclimatic environment — aspect, orientation, prevailing winds, soil composition at depth. This diagnosis revealed a calcareous marl substrate requiring complete pedological correction: creation of a cultural horizon of 20 to 30 cm, composed of garden soil enriched with 20% compost and corrected with 30% peat to acidify and structure before any planting.
The design of the outdoor spaces was built in constant dialogue with the interior of the house. The two terraces were drawn so as never to fully block the view from the living areas — every line, every setback, every void was designed so that the garden enters the house visually. This is not a backdrop. It is an extension.
Water management was integrated from the design phase: full rainwater harvesting via a 6 m³ buried tank, implementation of a multilayer system on the parking slab — AP32 absorbent mat, DK20 drain, STEX Écovégétal filter — guaranteeing retention, drainage and filtration without permanent mechanical intervention.
The plant palette was built to recreate a functional ecosystem — multiplication of species, articulation of shrub, herbaceous and ground-cover strata, interactions promoting climate resilience and continuous twelve-month flowering.
The structural framework rests on a robust Mediterranean base — century-old olive tree, cypress, Stipa tenuifolia, Helichrysum italicum — plants that know how to endure heat, drought and mild winters. They give the garden its permanent backbone, sculptural even in winter.
Continuous flowering is organised like a score: Erica darleyensis and Camellia sasanqua take over in autumn and winter, Camellia japonica continues into spring, fragrant roses, Salvia in shades of blue, violet and red, Geranium Rozanne, Gaura and Erigeron karvinskianus cover the growing season, Hydrangea quercifolia and Annabelle close the summer. Not a month without colour.
This garden is sensed before it is seen. Lavender, Helichrysum with its warm curry notes, roses selected exclusively on olfactory criteria, anise-scented salvia — the sensory dimension guided every choice as much as ecology. Two productive fig trees anchor the Mediterranean, nourishing dimension. A yellow kiwi. A carpet of Soleirolia soleirolii under shaded areas. This ecosystem works. It gives.
One year. That is how long it took for this ecosystem to find its balance on its own.
What this project demonstrates is that no constraint — not even a concrete slab — interrupts ecological continuity. Between open ground and rooftop, the connection is not visual. It is invisible: water flows, pollinators, microbiome, mycorrhizal fungi — life does not recognise the boundaries of construction.
It requires that every upstream decision be right: soil reading, pedological correction, articulation of strata, diversity of species. It is no coincidence that new regulations — CEE, AEAP, RE2020 — now require a minimum of 11 different plant species on green roofs. Biodiversity is no longer an aesthetic option. It is a technical requirement, measurable and fundable. This project is the proof.
When the foundation is right, life does the rest.
Do you have a space to vegetate — slab, rooftop, degraded ground?
Request an auditQuarante ans de terrain. Je lis un site en quelques minutes : ce qu'il cache, ce qu'il peut donner, ce qui menace.
Forty years in the field. I read a site in minutes: what it hides, what it can give, what threatens it.
Recherche en cours
Mon métier ne consiste pas à appliquer des solutions établies. Il consiste à comprendre pourquoi un site se comporte comme il se comporte, puis à concevoir ce qui manque. Voici les chantiers ouverts en ce moment. Certains sont en prototypage, d'autres cherchent un terrain d'essai ou un partenaire industriel.
Une ville imperméabilisée évacue en quelques minutes une eau dont ses arbres manqueront tout l'été, puis sature ses réseaux au premier orage. Le problème n'est pas le manque d'espaces verts : c'est la manière dont les surfaces, les sols et les cheminements de l'eau sont organisés les uns par rapport aux autres. Je travaille sur cette réorganisation, en amont du choix des matériaux et des végétaux.
Recherche de collectivités volontaires pour un site pilote.
Une collectivité paie pour évacuer des tailles et des tontes, puis paie de nouveau pour acheter du terreau, du paillage et de l'amendement. Ce qu'elle sort de ses sols par un bout, elle le rachète par l'autre, transport compris. Je travaille sur des filières de valorisation en circuit court, à l'échelle d'un service technique ou d'un domaine, qui transforment ce gisement en ressource sans installation lourde.
Recherche de sites d'expérimentation.
En climat sec, l'essentiel de l'eau d'arrosage s'évapore ou file hors de portée des racines. Je travaille sur des dispositifs enterrés qui maintiennent une humidité constante au contact du système racinaire avec une fraction des volumes habituels.
Essais en cours en France et au Maroc.
Les fissures qui traversent les maisons bâties sur sol argileux relèvent d'un problème d'eau, pas de maçonnerie. J'ai conçu un système de prévention active qui agit sur la teneur en eau du sol autour du bâti.
Recherche de partenaires pour le prototypage.
Les supports de culture reposent sur une ressource fossile dont l'extraction détruit des tourbières millénaires. Je développe un substrat à base de coproduits agricoles méditerranéens.
Formulation en cours de validation.
La phytoépuration sait faire beaucoup plus que ce qu'on lui demande, y compris sur des polluants que les stations conventionnelles n'éliminent pas.
Travaux en cours, sites industriels et collectivités.
Réduire la dépendance aux traitements en travaillant sur les défenses de la plante et l'écologie de la parcelle plutôt que sur la lutte directe.
Recherche de domaines partenaires.
Si l'un de ces sujets croise vos préoccupations, écrivez-moi. Ces travaux avancent plus vite avec un terrain, un problème réel et un interlocuteur qui connaît son site.